Avant-Propos |Les étapes | Le classement| Conclusion | Les mesures




LES MESURES


Mesures d’ordre général


Pendant ce voyage, si je n’ai pas trouvé une capitale idéale, certaines, parmi les plus avancées, ont des domaines qui pourraient servirent d’exemple à l’ensemble de l’Europe.
Le projet “SAMPO”, que je n’ai pu juger, il ne touche que quatre villes européennes, une en Finlande, une en Suède, une en Italie, une En Belgique, est certainement une bonne base de travail.

Ces mesures ne seront efficaces que si les personnes handicapées en sont les décideurs. J’ai vu, aussi bien en Finlande qu’en Grèce, en Pologne qu’en France, trop d’aménagements réalisés, à l’évidence, pour répondre à une mise en conformité sans qu’un seul handicapé n’ait été associé à leur réalisation, aussi bien à priori qu’à posteriori.

La première mesure qui me semble indispensable, est de créer un conseil d’experts européens tous handicapés.
Les handicapés ayant un minimum de formation, qui se retrouvent sans emploi, sont nombreux. En trouver quelques-uns, auxquels la communauté européenne assurerait un enseignement architectural léger, savoir lire un plan, est rapidement réalisable1 .
Des sommes importantes sont versées par les collectivités aux associations de ou pour personnes handicapées. Quelques euros, prélevés de-ci, de-là, en assureraient le financement.

Les experts seraient, enfin, les utilisateurs.


Pour que leur action soit suivie d’effet, ces experts devraient avoir une fonction d’inspecteur. Cette mesure limiterait les dérogations et les fausses déclarations.



Mesures à court terme


Le stationnement

Nos difficultés en ce domaine est une des grandes causes de notre exclusion.
Partir en centre ville, faire une course, une démarche, voir un client et revenir bredouille est une forme d’insécurité. Elle est quotidienne et coûteuse en temps et en argent2 . Que diriez-vous, si on vous piquait votre sac tous les jours ? Il y a déjà longtemps que vous auriez appelé le GIR.
C’est aussi là que j’ai constaté le plus d’écart d’un pays à l’autre parmi les 20 traversés. Et, ce n’est pas toujours où je pensais avoir le plus de difficultés que je les ai eues. Mais dans les pays, où je trouvais que c’était mieux qu’en France, les handicapés du cru, que j’ai pu interroger, ont placé ce problème parmi les prioritaires.
Pour un voyageur handicapé, ce n’est pas la peine de faire 16.250 km pour le constater, qui arrive dans une ville nouvelle3 les questions qui se posent à lui sont : “Où sont-elles ? Sont-elles assez nombreuses ? Dans le parking souterrain signalé et payant, il y en a-t-il ? Pourrais-je sortir de ce parking ? Pourrais-je accéder au monnayeur ?4 Ne seront-elles pas occupées par des valides ?”
La lisibilité, le nombre, le respect des places sont trois axes de réflexion que je soumets à ceux qui ont en charge tous les citoyens.


La lisibilité:

-Comme à Stockholm, les mettre à des endroits fixes dans les rues. Par exemple à proximité de chaque carrefour.
-Dans certaines villes, de loin, les panneaux sont illisibles (voir Madrid). Adopter un modèle européen.

Le nombre :
Combien en faut-il ? Le nombre de personnes en fauteuil roulant dépasse les 4%5 d’une population (les chiffres sont peu précis. Compter les personnes en fauteuil peu conduire à une grave dépression, sauf pour ceux qui en vendent). À ce nombre, il faut ajouter les personnes à mobilité réduite qui ne sont pas en fauteuil mais titulaires du macaron G.I.C/G. et retrancher ceux qui, malheureusement ne peuvent plus sortir. Et il faut encore ajouter, ceux qui piquent, au moment de la mise en bière, le macaron GIC/G de leur Grand-père. Ils anticipent sur leur handicap à venir, parce que, si Dieu existe, il ne saurait tarder à leur envoyer une dure épreuve. En dernier, toute la cohorte de “Je n’en ai que pour 5’ !”. De 8H du matin à 8H du soir, c’est au minimum 10’ (voir note 2). Après 8H, ces “Je n’en ai que pour 5’ !” sont au cinéma, à un tournoi de bridge, que sais-je encore. Ils pensent, sans doute, qu’il nous ait interdit de sortir le soir6 . Il suffit donc de 72 “Je n’en ai que pour 5’ !” pour bloquer une place toute la journée. Une agglomération comme Nancy, compte pas loin de 150.000 automobiles pour 200 places réservées. Heureusement ! Ils ne vont pas tous en centre ville le même jour, sauf à la rentrée des classes, à Noël et pendant les soldes. Il n’y a que les samedis 13 août à 13H, que nous pouvons nous garer facilement.

La loi impose 2% de places réservées (dans les parkings). 4% de GIC, qui, d’accord ne sortent pas tous à la même minute, mais qui occupent plus longtemps les places, mobilité réduite oblige, plus les “macarons du grand-père”, plus les “Je n’en ai que pour 5’ !”. Ça fait plus de 2%. La probabilité de trouver une place est déjà voisine de zéro.

Un autre phénomène vient fausser ce calcul à la portée d’un automobiliste respectueux : la répartition. Justifiées ou non, beaucoup de places sont attribuées à une seule personne. C’est le cas partout, mais plus particulièrement à Amsterdam, Athènes et Lisbonne (sur le panneau est indiqué le n° de la voiture). Dans ces trois villes, je n’ai pas vu une seule place pour touriste handicapé. Dernier phénomène, et non des moindres: la stratégie de l’escargot. Pour les automobilistes, qui ne la connaissent pas mais qui la pratiquent tous les jours, j’explique. Vous partez de chez vous et vous avez rendez-vous au 11, rue de Cul-de-jatte-heureux. Vous allez directement à l’adresse. Vous ne trouvez pas de place. Vous refaites un tour en élargissant la recherche. Et ainsi de suite, vous dessinez un bel escargot autour du 11, rue de Cul-de-jatte-heureux. Vous pesterez, mais vous trouverez toujours une place.
L’infirme pratique la stratégie de la limace. Il arrive devant le 11. La place est occupée. Les 2 % (- les x) de places lui donnent peu de chance de trouver une place à moins de 100 m (Deux fois la distance que la faculté m’autorise à faire). Nous sommes donc, le plus souvent obligés d’attendre que cette unique place se libère. Au bout d’un certain temps, déterminé par nos obligations, nous rentrons chez nous.
Ça, du temps où j’étais valide, ça ne met jamais arrivé.

D’où la nécessité, pour un responsable, non pas de se satisfaire d’un % sur l’ensemble d’une ville, mais de vérifier si ce % répond aux besoins des personnes handicapées.

Le respect 7
Dans presque tous les pays, à chaque fois que les “ I have only for 5’ ” pensaient ne pas risquer grand chose, j’en ai vu. Que ce soit au pays du fair-play, en Suède ou en Allemagne. Dès que la menace se faisait plus pressante et lourde, ils disparaissaient. Pressante parce que les agents sont intransigeants. Plus l’amende allège le portefeuille, plus elle est efficace.

Une amende dissuasive est une obligation. Les édiles, qui ne prennent pas des mesures en ce sens, de fait nous excluent, nous discriminent.
Le civisme est indispensable. Mais, pouvez-vous me citer un seul domaine dans lequel la loi est respectée à plus de 98% ?
Le contrôle des macarons, je l’ai vécu à Tallin, prévu en France par le décret 90-183 du 3 décembre 1990, devrait être fait systématiquement. Pour cela il faudrait déjà qu’il soit connu des autorités.



L’accessibilité des établissements ouverts au public

Les publics :

On peut tout rendre accessible. Les obstacles rencontrés sont le coût et les “monuments historiques”. Pour le coût, je me suis exprimé plus haut. Les “monuments historiques”, n’est-ce pas souvent un faux prétexte ? Quel est le monument qui n’a pas sa boutique de souvenirs ? Cette boutique est-elle d’époque ? Non. Mais elle est rentable.
Pourquoi il y a-t-il moins d’handicapés aujourd’hui sur le Mont Saint-Michel qu’au moyen âge ?
Comme exemple de belle réalisation, je prendrais l’Abbaye des Prémontrés à Pont-à-Mousson. Classée monument historique, elle appartient au conseil régional de Lorraine. En son sein, on y organise séminaires, concerts, théâtres, réceptions. Elles se composent de 20 salles pouvant accueillir 1000 personnes, sauf les personnes handicapées. C’était il y a quatre ans. Le gérant me disait à l’époque :” On ne voit que vous”. Aujourd’hui, c’est presque parfait. Le gérant me dit : “ C’est fou, ce qu’on voit comme handicapés.”



Les privés ouverts au public:
C’est le gros problème de l’Europe. En centre ville, les “petits restaurants sympas”, rechignent à se rendre accessibles, et, quand la loi les y oblige, ils bénéficient trop souvent de dérogations.

Une Taxe accessibilité devrait être instituée. 8
-Cette taxe, % sur le chiffre d’affaires, serait perçue tant que l’établissement ne serait pas accessible.
-Les fonds ainsi collectés permettraient d’aider financièrement les plus petits.
-Les dérogations ne seraient accordées que par des experts handicapés, conseillés par un architecte.
-Cette taxe, au bout d’un temps restant à déterminer, se transformera en amende.

Les Transports
- Tant que tout ne sera pas accessible9 , ils seront soumis à la taxe accessibilité. Au fur et à mesure que le nombre de lignes accessibles augmentera, la taxe diminuera au prorata du % accessible.

Cette taxe doit s’appliquer à tous les modes de transport.

- Le fonds-accessibilité-transport-Européen, ainsi créé, servira à compenser les sur-côuts des déplacements des personnes handicapées.
Exemple : une personne handicapée, qui veut se rendre de X à Z à n’importe quelle heure du jour, X et Z étant relié par une ligne de chemin de fer inaccessible, pourra bénéficier d’un Taxi aménagé10 au prix du billet de chemin de fer.
-Le fonds d’accessibilité transport pourra également financer l’achat d’une voiture pour la personne handicapée à la recherche d’un emploi11 .
-Il aura aussi un rôle de répartition d’un pays à l’autre.

Les ferries : P&O, IRISH FERRIES, SILJA SONT DES MODÈLES D’INTÉGRATIONS.


Les guides12
-Tous guides touristiques, annuaires, programmes, etc..., devraient indiquer si l’établissement est inaccessible. L’ accessibilité étant la norme. Un restaurateur, un dentiste, un médecin spécialiste, dont l’adresse et le n° de téléphone seront accolés à un sigle de non-accessibilité, se renseignera très vite pour savoir s’ il peut bénéficier du fonds accessibilité.
-La déclaration d’accessibilité dans les différents documents pourra se faire sur l’honneur. Une fausse déclaration, constatée par un simple usager handicapé, sera sanctionnée par une amende dissuasive.

Les plans
Ils devraient indiquer les parkings accessibles. Au minimum, à l’index des rues, un sigle indiquant si elles ont une place pour personnes handicapées.


Les Normes
Évidemment européennes et définies par des experts handicapés.

Un programme pour chaque commune
Chaque commune devrait proposer à ses administrés un programme de mise en conformité. Discuté avec les principaux intéressés et consultable par tous à tous moments.
Ex : dans 1 an, la ligne x de bus sera accessible et tous les carrefours de cette ligne auront des bateaux.
Dans 2, ce sera la ligne Y et le musée Z.






Mesures à moyen terme

Elles concernent principalement les logements. Combien de personnes sont-elles bloquées chez elles faute d’avoir un ascenseur ? Combien se retrouvant en fauteuil roulant ne peuvent franchir la porte ? Peut-on déménager facilement à 80 ans ?
Demandons aux professionnels de construire des maisons, des appartements habitables pendant toute notre vie.



Quelle en sera le gain pour la communauté européenne?


Elle permettra aux jeunes de suivre une scolarité en milieu ordinaire. Ils auront ainsi plus de chances d’être intégrés.

L’amélioration de l’accessibilité sera un gain de temps non négligeable pour tous.
Elle permettra à une bonne partie des personnes dépendantes d’avoir une vie quasi-autonome. Nous savons tous que cela coûte moins cher.
Elle permettra de libérer des places dans les établissements spécialisés. Places qui pourront être utilisées pour les maladies émergentes.
Elle permettra à beaucoup de retrouver un emploi et de redevenir productif.
Les travaux effectués pour mettre en conformité établissements, transports, voies publiques, etc... vont créer de nombreux emplois. Travaux bien concrets, utiles, durables, indispensables pour les handicapés d’ aujourd’hui.

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Une Europe accessible à tous n’est pas un rêve. J’y crois dur comme fer. Le gain économique ? J’en suis persuadé. Le gain humain est sans mesure. Le nombre d’altruistes croisés dans les couloirs du parlement européen m’encourage.
Il me reste à convaincre les altruistes d’agir vite. Mon angoisse est de ne pas avoir été suffisamment convaincant.
Il me reste à secouer les autres en allant porter plainte auprès de la “Cour Européenne des Droits de l’Homme.”

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1 Je tente cette expérience à Nancy. Parmi les membres de l’association “Comme les Autres”, il y a 1 énarque, 1 médecin, 2 pharmaciens, 1 géologue, 1 bachelier dont l’éducation nationale n’a plus voulu, tous en fauteuil roulant.
Il me reste à prendre contact avec le directeur de l’école d’architecture de Nancy. Je vais lui demander de nous assurer une formation bénévole. - retour texte

2 Un jour, j’ai fait 100 km pour aller voir un de mes clients. Je suis arrivé à 10h. La place pour handicapés, située devant son officine, était occupée par un valide. J’ai tourné, tourné. De guerre lasse, je me suis rendu au commissariat de police. Deux marches! Un passant empathique a été chercher un agent. Une jeune, gentille. “On va envoyer une patrouille”. Il était midi. J’ai fait 200 km pour rien. J’ai perdu ma journée. J’ai perdu le client. Vous comprenez mon courroux? - retour texte

3 Une ville nouvelle peut-être une ville connue du temps où, pour certains, ils étaient valides. - retour texte

4 Ces problèmes fréquemment rencontrés font que je ne m’aventure plus jamais dans un parking souterrain. - retour texte

5 En Meurthe & Moselle, 1.600 personnes bénéficiaient de la PSD. Au passage à l’APA , 7500 demandes ont atterri sur les bureaux du conseil général. C’était pas prévu et ça prouve que le nombre de personnes dépendantes tient plus de la voyance que des statistiques. - retour texte

6 Un mercredi, à midi, j’arrive sur le parking d’ un Mac Do. Sur la place qui nous est réservée, juste devant moi, un break Volvo se gare. Une dame en descend, ouvre la porte arrière et avant que la nuée de bambins s’en échappe, j’interviens.
- Bonjour Madame! Vous êtes handicapée?
-Non! Et, vous? Sèchement.
Je lui montre mon macaron.
-Excusez-moi, je ne pensais pas voir un handicapé aujourd’hui.
-Excusez-moi, Madame, je ne savez pas que nous avions des jours de sortie. - retour texte

7 Si vous n’avez rien compris à la “stratégie de l’escargot”, au “Je n’en ai que pour 5’!”, au grand-père, retournez à la case départ sans passer par la banque. - retour texte

8 Le Sénat, dans son rapport du mois de juillet 2002, propose une mesure équivalente. - retour texte

9 Le Pendolino l’est, le T.G.V. non. - retour texte

10 Les Taxis vus en Finlande et en Suède. - retour texte

11 Selon les pays, une aide plus ou moins importante, est versée par les organismes qui collectent les pénalités des entreprises qui n’emploient pas de P.H., à ceux qui ont trouvé un emploi. Au cours du voyage, j’ai rencontré un Slovaque. L' aide est versée avant. Il semble que ce soit le cas aussi en Russie. - retour texte

12 J’ai un guide de Tallin avec les endroits accessibles, sauf les musées. - retour texte


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