Juste avant que deux policiers vététistes viennent mexpulser.
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Le 21 juin
Jarrive à Paris en pleine fête de la musique. Miss Clarion me permet de traverser tout Paris en me remettant sur le bon chemin, chaque fois que ma route est déviée par les flonflons dun orchestre. À huit heures, je gare ma voiture au milieu de la rue, devant mon hôtel, le temps daller chercher de laide et le code du parking.
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Le 22 juin
Au programme : préparer mon entrevue avec Ambre du groupe Accor, mettre sur CD les photos, passer coups de téléphone à François Bayrou, Claude Gaillard, député de M&M et à la presse. De quoi occuper la journée.
Le 23 juin
À 19h, je suis invité chez Alain Rochon, le secrétaire de Comme les Autres. Il habite près du quai de Javel. Jai toute laprès-midi pour retirer un peu dargent dans un distributeur, acheter du tabac, aller reconnaître le parvis des droits de lhomme au Trocadéro. Cest là que jespère prendre une photo, symbolique, en compagnie de François Bayrou et de Claude Gaillard.
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Mon hôtel est près de la porte de la Villette. Le quai de Javel près de la porte de Sèvres. Pour ceux qui ne connaissent pas Paris, sur le plan , le départ est dans le coin droit en haut. Larrivée, dans le coin gauche en bas. Tout Paris à traverser en diagonale.
Bd Mac Do, rue de Flandres, boulevards de la Chapelle, La Fayette, Haussmann, lEtoile et jen passe, japerçois bien des distributeurs et des bureaux de tabac, mais impossible de me garer à proximité. Les places qui nous sont réservées sont rares et quand jen aperçois une, elle est occupée, le plus souvent par un valide.
Je reste calme. Ce nest pas la première fois que je viens à Paris, depuis que je suis handicapé (Quand je suis sorti de lhôpital, jhabitais à St-Denis) . Je mattendais à ces difficultés. Le manque de tabac me pousse vers le drugstore des Champs-Elysées. Un petit va-et-vient entre létoile et la Concorde sans succès.
Jessaye vers le Trocadéro. Il y a un bureau de tabac, dont jétais client du temps où jétais pharmacien à Saint-Denis. Essai infructueux. Toujours pas moyen de stationner. Je profite de ma présence près du parvis des droits de lhomme. Le parvis, il est comme les droits : inaccessible à une personne handicapée.
En descendant vers la tour Eiffel, japerçois un accès handicapé au Palais de Chaillot. Mais laccès à laccès, je ne vois pas.
Je me dirige vers le champ de Mars, et là, après réviser mon histoire (Deschanel, Risler, Grenelle), miracle, je trouve une place pour handicapée libre devant le distributeur de la poste de lAvenue de la Bourdonnais. Heureusement que nous sommes dimanche.
À une centaine de mètres, un bureau de tabac. Il ma fallut tout mon courage pour traverser lavenue. Quand le feu repasse au rouge, je suis en général au milieu du carrefour. Je nai pas le choix : il faut que je fasse confiance aux automobilistes. Pour linstant, ça sest bien passé. Ils estiment sans doute, que je suis déjà assez amoché comme cela.
Un consommateur ma aidé à gravir la marche. Il navait pas ma marque préférée. Où sont vos toilettes ? Trois heures au volant, ça donne envie de pisser. Au premier ! . Je refais confiance aux automobilistes et me dirige vers le bistrot opposé. Au sous-sol ! Un peu plus loin Au sous-sol ! Mon envie devenait pressente et, plus elle le devenait, plus je devenais agressif. Devant mon courroux, un restaurateur ma proposé ses toilettes à la Turc, au fond du jardin. Cest gentil, mais à la Turc, je ne peux pas me relever.
Jai encore une fois été sauvé par ma voiture et mon urinal.
Pas loin de quatre heures pour acheter un paquet de cigarillos et retirer un peu dargent. Il y a bien un lecteur valide qui se dira : Dans son état, il ne devrait pas fumer. ou Handicapé ? Il na rien à foutre. Il est même payé. ou, comme cela mest arrivé dans lEst de la France, un consommateur auquel je demandais de laide : Monsieur ! Dans votre état, on ne devrait pas sortir seul !.
Un peu avant dix-neuf heures, jarrive rue de Javel. Pour trouver une place, on na pas été trop de trois. Pendant cette quête du Graal, jai aperçu des toilettes Decaux pour handicapés. Je venais à peine de me dire : Ça, alors, cest une bonne initiative. , quand jai vu le monnayeur. En francs !!!
La soirée fut bonne.
Le 24 juin
Objectifs : LAssemblée nationale et la tour Eiffel.
Sur litinéraire, quasi identique à celui de la vieille, les places pour handicapées ne sont pas plus libres, ce lundi matin.
Je cherche toujours à joindre Claude Gaillard. Je sais quil est, ce jour, à lassemblée Nationale. Cest lélection du président. Je me présente à lentrée principale, 126, rue de luniversité, avec ma voiture avec lintention de demander à un huissier de contacter Claude Gaillard pour quil my fasse entrer. Mais en voiture, au motif du plan vigipirate, on ne me laisse pas entrer et à pied, cest mission impossible.
Je me gare, en double file, devant le Bourbon. Devant , il y a moult voitures avec chauffeurs. En terrasses, des députés, dont pour certain, leur visage ne mest pas inconnu. Soit ils ont été réélus, soit je les ai vus sur TV5, dans mon hôtel à Lisbonne. Seul, Dominique Straus-Kahn arrive à pied. Dans mon étuve, le thermomètre affiche 32°, jattends un coup de téléphone de lattaché parlementaire de Claude Gaillard. Toute la presse est là. Il y a même des chinois. Elle défile devant moi en quête dune interview. Le jeune député, qui a battu Chevènement, semble avoir sa faveur.
Gaillard nest pas joignable. Pendant que ses collègues mangent, il vote. Avant de quitter, ayant pu me garer, je fais une tentative pour aller au Bourbon. Lamabilité de la patronne( un handicapé, ça détonne au milieu de ces huiles) et ses toilettes au premier étage mont fait rebrousser chemin.
Du quai Branly et de lavenue Eiffel, jai aperçu les pieds Nord, Est, Sud et Ouest de la tour Eiffel. Ils ne mont pas paru accessibles (daprès les renseignements glanés, ils ne le sont pas).
Je fais le tour deux ou trois avec lespoir de trouver une place. Rien ! En désespoir de cause, le temps de prendre une photo pour avoir une trace de mon passage, je me mets sur une place réservée au bas.
Mon appareil nétait pas encore sorti de son étui que jentends : Monsieur, vous navez pas le droit de rester ici. Deux policiers en VTT.
- Sil vous plaît, pourriez-vous mindiquez une place pour handicapés dans le secteur ?
Ils se regardent avec des ? dans les yeux.
- il ny en a pas. - me répond lun deux sur un ton navré.
Jai pu prendre ma photo, à contre-jour.
Je ne saurai jamais si la bande de jeunes en fauteuil roulant, aperçu sur la pelouse, a pu visiter la tour.
Cet interlude ma permis dobserver les cars touristiques et plus particulièrement ceux qui font des visites guidées de Paris. Pas un seul accessible. À Madrid, ils le sont.
Ceci me remémore une discussion avec un ami. Ce dernier a rencontré au Népal un groupe de débiles (à ses yeux).
- Cest de largent foutu en lair. Ils ne sont pas capables dapprécier.
- Cest peut-être à eux quil demander.
Lui ai-je répondu.
Sur le chemin du retour, jai vu, de ma voiture, plusieurs théâtres réputés. Ils mont tous semblé inaccessibles.
Dou cette réflexion :
Je suis à Paris.
Jy passe quatre nuits.
Je veux aller voir un spectacle le soir.
Si je prends ma voiture, jai peu de chance de trouver une place.
Un taxi ? en fauteuil roulant, pas possible.
Bus et métro, pareil.
En supposant que je trouve un moyen de my rendre, pourrai-je accéder à la salle ? Cette dernière, a-t-elle des toilettes ?
La culture, les distractions, les restaurants sont-ils réservés aux seuls valides. Valides qui sont des handicapés en puissance.
Jai un test pour mesurer laccessibilité dune ville : le nombre de fauteuils roulants aperçus. Hormis la bande de jeunes aperçue sur la pelouse du champs de Mars, pendant mes nombreuses traversées de Paris, du nord-est au sud-ouest, jen ai pas vu un seul.
Le soir, jai rencontré Ambre du groupe Accor.
Le 26 juin
Après un long arrêt chez lami qui héberge lassociation Comme les Autres, arrivée à Nancy à 4H du matin.
Dans ma pile de courrier, dune hauteur à décourager un major de lENA, une lettre de Pat Cox.
Nous nous sommes rencontrés le 4 juillet à Strasbourg.
À midi, rendez-vous avec Laurent Poillot journaliste de Être handicap information.
Fin du voyage proprement dit.
Le plus important reste à faire : en tirer le maximum davancées.
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