Les étapes : | L | B | GB | IRL | NL | DK | S | FIN | EST | LV | LT | PL | D | CZ | A | GR | I | E | P | F |
François Bayrou François Bayrou France Paris Hartmann HARTMANN
P.E.

En face : Monsieur Pat Cox, Président du Parlement Européen
À droite : Hélène Lanvert, Press Adviser
De dos : Roger Chiajèse, attaché parlementaire de M.A Isler-Béguin
À gauche : votre serviteur

Page 1, 2

Au “Porto de Etxegarate” (pas très loin du sanctuaire de St Ignace de Loyola), j’arrive de nuit, sous un orage violent, la route en travaux mal balisée et dans une purée de pois à couper au couteau. “ Tu as fait 15.000 km. Il t’en reste un millier. C’est pas le moment de te planter.” Me suis-je dis. 40 km/h maxi dans la descente.
Le plafond se lève mais pas l’orage. Je passe la frontière, et, à hauteur de Saint Jean-de-Luz, je pique un petit somme.

Sur la N10, avant Bordeaux, plus de deux heures pour faire dix kilomètres. Un accident grave. Depuis mon départ, après avoir fait plus de 15.000 km au travers de l’Europe, c’est le premier que je vois.

Au début de l’après-midi, j’arrive chez mes amis Chabot. Ça sent la fin du voyage.

Assemblee

Assemblée Nationale
J’y ai eu moins de chance qu’au P.E..

Eiffel

Juste avant que deux policiers vététistes viennent m’expulser.

Le 21 juin
J’arrive à Paris en pleine fête de la musique. “Miss Clarion” me permet de traverser tout Paris en me remettant sur le bon chemin, chaque fois que ma route est déviée par les flonflons d’un orchestre. À huit heures, je gare ma voiture au milieu de la rue, devant mon hôtel, le temps d’aller chercher de l’aide et le code du parking.
*********

Le 22 juin
Au programme : préparer mon entrevue avec Ambre du groupe Accor, mettre sur CD les photos, passer coups de téléphone à François Bayrou, Claude Gaillard, député de M&M et à la presse. De quoi occuper la journée.

Le 23 juin
À 19h, je suis invité chez Alain Rochon, le secrétaire de “Comme les Autres”. Il habite près du quai de Javel. J’ai toute l’après-midi pour retirer un peu d’argent dans un distributeur, acheter du tabac, aller reconnaître le parvis des droits de l’homme au Trocadéro. C’est là que j’espère prendre une photo, symbolique, en compagnie de François Bayrou et de Claude Gaillard.

Mon hôtel est près de la porte de la Villette. Le quai de Javel près de la porte de Sèvres. Pour ceux qui ne connaissent pas Paris, sur le plan , le départ est dans le coin droit en haut. L’arrivée, dans le coin gauche en bas. Tout Paris à traverser en diagonale.

Bd Mac Do, rue de Flandres, boulevards de la Chapelle, La Fayette, Haussmann, l’Etoile et j’en passe, j’aperçois bien des distributeurs et des bureaux de tabac, mais impossible de me garer à proximité. Les places qui nous sont réservées sont rares et quand j’en aperçois une, elle est occupée, le plus souvent par un valide.

Je reste calme. Ce n’est pas la première fois que je viens à Paris, depuis que je suis handicapé (Quand je suis sorti de l’hôpital, j’habitais à St-Denis) . Je m’attendais à ces difficultés. Le manque de tabac me pousse vers le drugstore des Champs-Elysées. Un petit va-et-vient entre l’étoile et la Concorde sans succès.

J’essaye vers le Trocadéro. Il y a un bureau de tabac, dont j’étais client du temps où j’étais pharmacien à Saint-Denis. Essai infructueux. Toujours pas moyen de stationner. Je profite de ma présence près du parvis des droits de l’homme. Le parvis, il est comme les droits : inaccessible à une personne handicapée.
En descendant vers la tour Eiffel, j’aperçois un accès handicapé au Palais de Chaillot. Mais l’accès à l’accès, je ne vois pas.

Je me dirige vers le champ de Mars, et là, après réviser mon histoire (Deschanel, Risler, Grenelle), miracle, je trouve une place pour handicapée libre devant le distributeur de la poste de l’Avenue de la Bourdonnais. Heureusement que nous sommes dimanche.
À une centaine de mètres, un bureau de tabac. Il m’a fallut tout mon courage pour traverser l’avenue. Quand le feu repasse au rouge, je suis en général au milieu du carrefour. Je n’ai pas le choix : il faut que je fasse confiance aux automobilistes. Pour l’instant, ça s’est bien passé. Ils estiment sans doute, que je suis déjà assez amoché comme cela.

Un consommateur m’a aidé à gravir la marche. Il n’avait pas ma marque préférée. “Où sont vos toilettes ?” Trois heures au volant, ça donne envie de pisser. “Au premier !” . Je refais confiance aux automobilistes et me dirige vers le bistrot opposé. “ Au sous-sol !” Un peu plus loin “ Au sous-sol !” Mon envie devenait pressente et, plus elle le devenait, plus je devenais agressif. Devant mon courroux, un restaurateur m’a proposé ses toilettes “à la Turc”, au fond du jardin. C’est gentil, mais “à la Turc”, je ne peux pas me relever.
J’ai encore une fois été sauvé par ma voiture et mon urinal.

Pas loin de quatre heures pour acheter un paquet de cigarillos et retirer un peu d’argent. Il y a bien un lecteur valide qui se dira : “Dans son état, il ne devrait pas fumer.” ou “ Handicapé ? Il n’a rien à foutre. Il est même payé.” ou, comme cela m’est arrivé dans l’Est de la France, un consommateur auquel je demandais de l’aide : “ Monsieur ! Dans votre état, on ne devrait pas sortir seul !”.

Un peu avant dix-neuf heures, j’arrive rue de Javel. Pour trouver une place, on n’a pas été trop de trois. Pendant cette quête du Graal, j’ai aperçu des toilettes “Decaux” pour handicapés. Je venais à peine de me dire : “Ça, alors, c’est une bonne initiative.” , quand j’ai vu le monnayeur. En francs !!!
La soirée fut bonne.

Le 24 juin
Objectifs : L’Assemblée nationale et la tour Eiffel.
Sur l’itinéraire, quasi identique à celui de la vieille, les places pour handicapées ne sont pas plus libres, ce lundi matin.

Je cherche toujours à joindre Claude Gaillard. Je sais qu’il est, ce jour, à l’assemblée Nationale. C’est l’élection du président. Je me présente à l’entrée principale, 126, rue de l’université, avec ma voiture avec l’intention de demander à un huissier de contacter Claude Gaillard pour qu’il m’y fasse entrer. Mais en voiture, au motif du plan vigipirate, on ne me laisse pas entrer et à pied, c’est mission impossible.

Je me gare, en double file, devant le Bourbon. Devant , il y a moult voitures avec chauffeurs. En terrasses, des députés, dont pour certain, leur visage ne m’est pas inconnu. Soit ils ont été réélus, soit je les ai vus sur TV5, dans mon hôtel à Lisbonne. Seul, Dominique Straus-Kahn arrive à pied. Dans mon étuve, le thermomètre affiche 32°, j’attends un coup de téléphone de l’attaché parlementaire de Claude Gaillard. Toute la presse est là. Il y a même des chinois. Elle défile devant moi en quête d’une interview. Le jeune député, qui a battu Chevènement, semble avoir sa faveur.

Gaillard n’est pas joignable. Pendant que ses collègues mangent, il vote. Avant de quitter, ayant pu me garer, je fais une tentative pour aller “au Bourbon”. L’amabilité de la patronne( un handicapé, ça détonne au milieu de ces huiles) et ses toilettes au premier étage m’ont fait rebrousser chemin.

Du quai Branly et de l’avenue Eiffel, j’ai aperçu les pieds Nord, Est, Sud et Ouest de la tour Eiffel. Ils ne m’ont pas paru accessibles (d’après les renseignements glanés, ils ne le sont pas).
Je fais le tour deux ou trois avec l’espoir de trouver une place. Rien ! En désespoir de cause, le temps de prendre une photo pour avoir une trace de mon passage, je me mets sur une place réservée au bas.
Mon appareil n’était pas encore sorti de son étui que j’entends : “ Monsieur, vous n’avez pas le droit de rester ici.” Deux policiers en VTT.
- S’il vous plaît, pourriez-vous m’indiquez une place pour handicapés dans le secteur ?
Ils se regardent avec des ? dans les yeux.
- il n’y en a pas. - me répond l’un deux sur un ton navré.
J’ai pu prendre ma photo, à contre-jour.
Je ne saurai jamais si la bande de jeunes en fauteuil roulant, aperçu sur la pelouse, a pu visiter la tour.
Cet interlude m’a permis d’observer les cars touristiques et plus particulièrement ceux qui font des visites guidées de Paris. Pas un seul accessible. À Madrid, ils le sont.

Ceci me remémore une discussion avec un ami. Ce dernier a rencontré au Népal un groupe de “débiles” (à ses yeux).
- C’est de l’argent foutu en l’air. Ils ne sont pas capables d’apprécier.
- C’est peut-être à eux qu’il demander.
Lui ai-je répondu.

Sur le chemin du retour, j’ai vu, de ma voiture, plusieurs théâtres réputés. Ils m’ont tous semblé inaccessibles.
D’ou cette réflexion :
Je suis à Paris.
J’y passe quatre nuits.
Je veux aller voir un spectacle le soir.
Si je prends ma voiture, j’ai peu de chance de trouver une place.
Un taxi ? en fauteuil roulant, pas possible.
Bus et métro, pareil.
En supposant que je trouve un moyen de m’y rendre, pourrai-je accéder à la salle ? Cette dernière, a-t-elle des toilettes ?
La culture, les distractions, les restaurants sont-ils réservés aux seuls valides. Valides qui sont des handicapés en puissance.

J’ai un test pour mesurer l’accessibilité d’une ville : le nombre de fauteuils roulants aperçus. Hormis la bande de jeunes aperçue sur la pelouse du champs de Mars, pendant mes nombreuses traversées de Paris, du nord-est au sud-ouest, j’en ai pas vu un seul.

Le soir, j’ai rencontré Ambre du groupe Accor.

Le 26 juin

Après un long arrêt chez l’ami qui héberge l’association “Comme les Autres”, arrivée à Nancy à 4H du matin.
Dans ma pile de courrier, d’une hauteur à décourager un major de l’ENA, une lettre de Pat Cox.
Nous nous sommes rencontrés le 4 juillet à Strasbourg.
À midi, rendez-vous avec Laurent Poillot journaliste de “ Être handicap information”.

Fin du voyage proprement dit.
Le plus important reste à faire : en tirer le maximum d’avancées.

Page 1, 2


Les étapes : | L | B | GB | IRL | NL | DK | S | FIN | EST | LV | LT | PL | D | CZ | A | GR | I | E | P | F |
patrick meyer MONSOFT
Remerciements : Conseil général de Meurthe et Moselle, Lions club Stanislas, Noremat, Groupe Accor, Mercedes, les Editions Universelles, Hartmann, président du Syndicat (54), P & O, Screg, Boehringer, Clarion, CERP Lorraine, Clim SA, Orange, Noël SA, conseil régional de l'ordre des pharmaciens...
Françoise, Maryse, Sylvie, Christine, Pamela, Constance, Evelyne, Kathinka, Nana, Ambre, Brigitte Blandine, Bérangère, Josette, Juliette... Jean-Pierre,Jacques, Jean-Jacques,Laurent, Jacky, Rémy, Michel, Sébastien, Cyrille, Matthieu, Norbert, Roger, Claude...