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Une étape courte sur le papier, 617 km, mais avec deux portions de routes paraissant assez difficiles : la route de Dresde à Prague et la route de Jihava à Vienne.
Si les routes tchèques sont comme les polonaises, autant partir tôt.
Cest vers neuf heures que jai traversé Dresde. Dun pont qui enjambe lElbe, jai eu un aperçu de la vieille ville. La beauté des bâtiments entrevus ma fait regretter de ne pas avoir prévu une pause.
(Passage réservé à mes compagnons masculins)
Zinnwald est la ville frontière entre lAllemagne et la République Tchèque. Elle se situe en haut dun col qui permet de franchir le Erz Gebirge. La montée ressemble à la forêt noire. Sapins, ruisseaux, épingles, chalets en bois, Touristes et ...camions. Cest la seule route pour aller de Dresde à Prague. La descente, côté Tchèque, est plus abrupte et truffée de pièges. Passé les premiers lacets, dès que la route est suffisamment large pour accueillir ou une aire de repos, ou une terrasse, des filles, plein de filles sur plusieurs kilomètres. Elles vous hèlent avec des poses éloquentes, de grands sourires. Elles se présentent parfois en lots de trois ou quatre, attablées sur une terrasse. Quelques chauffeurs routiers succombent. Après avoir négocié les épingles, ils négocient au bord de la route. Très dangereuse, cette descente de col ! Jai évité tous les obstacles, nai pas loupé un virage, ce qui fait que je suis incapable de vous donner les tarifs.
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Pour rejoindre lautoroute qui mène à Brno, il faut traverser Prague et la Vltava. Du viaduc, on a une vue superbe sur le centre historique de la ville. Encore un regret !
À une centaine de kilomètres de Prague, on quitte lautoroute pour l E84. Un revêtement parfait, une signalisation claire, des stations avec toilettes accessibles, des automobilistes calmes. Dans les villes ou bourgs traversés, jai remarqué des places pour handicapés, des bateaux, un niveau dadaptation peu vu en France.
Dans le no mans land entre la République Tchèque et lAutriche, un Casino gigantesque et de nombreux magasins. Sont-ils destinés aux tchèques ou aux autrichiens ?
Vienne
Vers dix-neuf heures, jarrive à mon hôtel. Cest le début des ennuis. La chambre pour handicapés, confirmée de Berlin, pas libre. Pour aller de la réception, sise à lentresol, au restaurant situé au rez-de-chaussée, impossible dappeler lascenseur. Il faut quun employé aille le chercher et le ramène au bon endroit. Mais ceci nest rien à côté du lendemain.
Plan, guide en main, copieux petit déjeuner pris avec un japonais ayant vécu en France, je suis fin prêt pour atteindre mon premier objectif : la Grande Roue -Risenrad-.
( 61 m de diamètre. Construite en 1902 au coeur du Prater, parc situé entre les deux bras du Danube. Jai eu loccasion de faire un tour dedans en 1955. Était-elle encore debout ?)
Je trouve aisément un parking payant, proche de la Grande Roue. Je passe la guérite. Jentends un beuglement dans une langue, dont malgré mon nom, je ne connais pas un mot (Mon grand -père a été prisonnier de 14 à 18 à Ingolstadt. Ceci explique cela).
-Please ?
De Goethe on passe à Shakespeare.
- Il ny a pas de place pour handicapés ici !
(Pourquoi gueule-t-il ?)
- Les handicapés ! Cest au fond du jardin.
Jaurais pu payer. La place serait-elle suffisamment large pour que je puisse descendre de ma voiture? Vu laccueil : direction le fond du jardin.
Au fond du jardin, je trouve deux places. Une occupée par un valide Hongrois. Sur un pied et dune main, je sors mon fauteuil roulant du coffre. Vingt au moins, sont passés. Pas un seul ma aidé.
Me voila parti en marche arrière, je nai quune roue motrice, vers la Grande-Roue. Parmi Tunnel de lhorreur, femme à barbe, jétais une attraction comme les autres.
Surtout pour le pauvre gamin qui est venu me parler. Une bonne tête, il avait. Du haut de ses six ans, il était à ma hauteur. Quand je lui ai répondu en Français, terrorisé, il a été. Mettez-vous à sa place. Un gars en fauteuil roulant, en marche arrière, et qui ne parle pas la même langue que lui.
Quelques centaines de mètres plus tard, je me suis installé à une terrasse, elle-même au pied de la grande Roue. Jai demandé des toilettes accessibles. Le garçon, gentil, ma emmené dans le pied de la Grande-Roue. En sortant des toilettes, parfaitement équipées, un beuglement.
-Please ?
- Pour utiliser les toilettes, il faut prendre un ticket pour la grande-Roue.
- Fuck your mother! - jai failli lui répondre.
Sur la place de la Cathédrale St-Etienne, jai rencontré Victor, un touriste
en fauteuil roulant électrique...slovaque. Sorti de Bratislava, les villes sont peu
accessibles. Pour obtenir son fauteuil, aucun problème. Quant à sa voiture, cest
sa compagne (voir photo) qui conduit , la Slovaquie lui en a payé la majeure partie.
Jai lair dun con avec ma boule.
Après avoir échangé nos adresses, Comme Les Autres est en train
de devenir européenne, je me suis mis en quête dun café.
Je nallais pas quitter Vienne sans avoir dégusté une pâtisserie
accompagnée dun café Viennois. Tout le tour de la place, jai fait.
Ceux qui étaient accessibles, avaient les toilettes au premier étage.
En regagnant ma voiture, rue Strobelgasse, japerçus le Café
Dilgas. Par la fenêtre, les toilettes pas aux normes mais de plain-pied.
Pour entrer, trois marches. Jappelle un des garçons pour quil vienne maider.
Un geste qui, traduit en français, voulait dire va-te-faire voir.
Je sens venir une grosse colère et au même moment, derrière moi:
- Can we help you ?
Trois touristes américains mont permis dentrer et, de plus, témoins de la scène, ils se sont chargé dengueuler le garçon. La café excellent, les pâtisseries légères et la gentillesse de la serveuse ont fait le reste pour me calmer.
Un dernier tour du côté du parlement, de lhôtel de ville et retour à mon hôtel.
Souriante gentillesse - En Autriche, le touriste se sent rarement traité en étranger. Guide vert 1990 (!?)
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