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Brian Crowley Brian Crowley Autriche Wien Boerhinger

Carnet de bord

km : 650
Arrivée : 31 mai
Métro : Ascenseurs en construction
Bus : Pas tous

De Berlin à Vienne en passant par le Brandebourg, la Saxe, la Bohême et la Moravie.


St-Etienne

Une étape courte sur le papier, 617 km, mais avec deux portions de routes paraissant assez difficiles : la route de Dresde à Prague et la route de Jihava à Vienne.
Si les routes tchèques sont comme les polonaises, autant partir tôt.
C’est vers neuf heures que j’ai traversé Dresde. D’un pont qui enjambe l’Elbe, j’ai eu un aperçu de la vieille ville. La beauté des bâtiments entrevus m’a fait regretter de ne pas avoir prévu une pause.

(Passage réservé à mes compagnons masculins)
Zinnwald est la ville frontière entre l’Allemagne et la République Tchèque. Elle se situe en haut d’un col qui permet de franchir le “Erz Gebirge”. La montée ressemble à la forêt noire. Sapins, ruisseaux, épingles, chalets en bois, Touristes et ...camions. C’est la seule route pour aller de Dresde à Prague. La descente, côté Tchèque, est plus abrupte et truffée de pièges. Passé les premiers lacets, dès que la route est suffisamment large pour accueillir ou une aire de repos, ou une terrasse, des filles, plein de filles sur plusieurs kilomètres. Elles vous hèlent avec des poses éloquentes, de grands sourires. Elles se présentent parfois en lots de trois ou quatre, attablées sur une terrasse. Quelques chauffeurs routiers succombent. Après avoir négocié les épingles, ils négocient au bord de la route. Très dangereuse, cette descente de col ! J’ai évité tous les obstacles, n’ai pas loupé un virage, ce qui fait que je suis incapable de vous donner les tarifs.

Grande-Roue

Risenrad

Elevateur

Bien!

Victor

Victor, un slovaque

Pour rejoindre l’autoroute qui mène à Brno, il faut traverser Prague et la Vltava. Du viaduc, on a une vue superbe sur le centre historique de la ville. Encore un regret !

À une centaine de kilomètres de Prague, on quitte l’autoroute pour l’ E84. Un revêtement parfait, une signalisation claire, des stations avec toilettes accessibles, des automobilistes calmes. Dans les villes ou bourgs traversés, j’ai remarqué des places pour handicapés, des bateaux, un niveau d’adaptation peu vu en France.
Dans le no man’s land entre la République Tchèque et l’Autriche, un Casino gigantesque et de nombreux magasins. Sont-ils destinés aux tchèques ou aux autrichiens ?

Vienne

Vers dix-neuf heures, j’arrive à mon hôtel. C’est le début des ennuis. La chambre pour handicapés, confirmée de Berlin, pas libre. Pour aller de la réception, sise à l’entresol, au restaurant situé au rez-de-chaussée, impossible d’appeler l’ascenseur. Il faut qu’un employé aille le chercher et le ramène au bon endroit. Mais ceci n’est rien à côté du lendemain.
Plan, guide en main, copieux petit déjeuner pris avec un japonais ayant vécu en France, je suis fin prêt pour atteindre mon premier objectif : la Grande Roue -Risenrad-.
( 61 m de diamètre. Construite en 1902 au coeur du Prater, parc situé entre les deux bras du Danube. J’ai eu l’occasion de faire un tour dedans en 1955. Était-elle encore debout ?)

Je trouve aisément un parking payant, proche de la Grande Roue. Je passe la guérite. J’entends un beuglement dans une langue, dont malgré mon nom, je ne connais pas un mot (Mon grand -père a été prisonnier de 14 à 18 à Ingolstadt. Ceci explique cela).
-“Please ?”
De Goethe on passe à Shakespeare.
-” Il n’y a pas de place pour handicapés ici ! ”
(Pourquoi gueule-t-il ?)
-” Les handicapés ! C’est au fond du “jardin”.
J’aurais pu payer. La place serait-elle suffisamment large pour que je puisse descendre de ma voiture? Vu l’accueil : direction le fond du “jardin”.

Au fond du “jardin”, je trouve deux places. Une occupée par un valide Hongrois. Sur un pied et d’une main, je sors mon fauteuil roulant du coffre. Vingt au moins, sont passés. Pas un seul m’a aidé.
Me voila parti en marche arrière, je n’ai qu’une roue motrice, vers la Grande-Roue. Parmi Tunnel de l’horreur, femme à barbe, j’étais une attraction comme les autres.
Surtout pour le pauvre gamin qui est venu me parler. Une bonne tête, il avait. Du haut de ses six ans, il était à ma hauteur. Quand je lui ai répondu en Français, terrorisé, il a été. Mettez-vous à sa place. Un gars en fauteuil roulant, en marche arrière, et qui ne parle pas la même langue que lui.

Quelques centaines de mètres plus tard, je me suis installé à une terrasse, elle-même au pied de la grande Roue. J’ai demandé des toilettes accessibles. Le garçon, gentil, m’a emmené dans le pied de la Grande-Roue. En sortant des toilettes, parfaitement équipées, un beuglement.
-”Please ?”
- “Pour utiliser les toilettes, il faut prendre un ticket pour la grande-Roue.”
- “Fuck your mother!” - j’ai failli lui répondre.

Sur la place de la Cathédrale St-Etienne, j’ai rencontré Victor, un touriste en fauteuil roulant électrique...slovaque. Sorti de Bratislava, les villes sont peu accessibles. Pour obtenir son fauteuil, aucun problème. Quant à sa voiture, c’est sa compagne (voir photo) qui conduit , la Slovaquie lui en a payé la majeure partie. J’ai l’air d’un con avec ma boule.

Après avoir échangé nos adresses, “Comme Les Autres” est en train de devenir européenne, je me suis mis en quête d’un “café”. Je n’allais pas quitter Vienne sans avoir dégusté une pâtisserie accompagnée d’un café Viennois. Tout le tour de la place, j’ai fait. Ceux qui étaient accessibles, avaient les toilettes au premier étage.
En regagnant ma voiture, rue Strobelgasse, j’aperçus le “Café Dilgas”. Par la fenêtre, les toilettes pas aux normes mais de plain-pied. Pour entrer, trois marches. J’appelle un des garçons pour qu’il vienne m’aider. Un geste qui, traduit en français, voulait dire va-te-faire voir.
Je sens venir une grosse colère et au même moment, derrière moi:
- “ Can we help you ?”
Trois touristes américains m’ont permis d’entrer et, de plus, témoins de la scène, ils se sont chargé d’engueuler le garçon. La café excellent, les pâtisseries légères et la gentillesse de la serveuse ont fait le reste pour me calmer.
Un dernier tour du côté du parlement, de l’hôtel de ville et retour à mon hôtel.

Souriante gentillesse - En Autriche, le touriste se sent rarement traité en étranger.” Guide vert 1990 (!?)


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patrick meyer MONSOFT
Remerciements : Conseil général de Meurthe et Moselle, Lions club Stanislas, Noremat, Groupe Accor, Mercedes, les Editions Universelles, Hartmann, président du Syndicat (54), P & O, Screg, Boehringer, Clarion, CERP Lorraine, Clim SA, Orange, Noël SA, conseil régional de l'ordre des pharmaciens...
Françoise, Maryse, Sylvie, Christine, Pamela, Constance, Evelyne, Kathinka, Nana, Ambre, Brigitte Blandine, Bérangère, Josette, Juliette... Jean-Pierre,Jacques, Jean-Jacques,Laurent, Jacky, Rémy, Michel, Sébastien, Cyrille, Matthieu, Norbert, Roger, Claude...