Avant le séjour, quelle était ta relation avec le handicap moteur ?
Je connaissais le handicap par Sandra Laoura, ancienne skieuse acrobatique devenue paraplègique suite à un accident sportif. Grâce à elle, je connaissais le quotidien d’une personne en fauteuil : les transferts, le passage des trottoirs, l’accessibilité des toilettes, les risques d’escarres, etc.
Qu’est-ce que ce séjour t’a appris de nouveau ?
J’ai réalisé à quel point il était important de garder la forme et la confiance lorsque l’on est en fauteuil, car l’autonomie en dépend !
C’est notamment en les voyant faire des exercices de mobilité dans la salle de judo que je me suis rendue compte de cela : faire du deux roues, remonter sur le siège à partir du sol, etc. Le quotidien d’une personne en fauteuil exige habileté et force physique.
Une pratique sportive régulière et une bonne confiance en soi sont essentielles, encore plus que pour une personne valide car l’autonomie et l’indépendance en découlent
Qu’est-ce qui t’a le plus surprise ?
De me rendre que TOUT est vraiment possible avec les aménagements nécessaires : du soutien humain, du matériel, du temps, etc.
Qu’est-ce que cette expérience va changer pour toi ?
Je me sens encore plus à l’aise avec les personnes en situation de handicap et je me suis définitivement débarrassée du regard de pitié parce qu’ils m’ont montré à quel point ils sont pleins de vie. Ce n’est pas simple tous les jours pour eux mais ce qui est sûr, c’est que la vie continue. Et j’ai envie de cultiver encore et encore une posture de partage, d’échange et d’écoute.
Qu’est ce que tu aurais envie de dire aux personnes qui ne connaissent pas le handicap et qui hésiteraient à partir en séjour ?
J’ai envie de leur dire d’y aller à fond ! On y apprend tellement de choses sur tout : sur l’intime, sur ses propres peurs, etc. C’est une vraie expérience de vie. Il n’y a rien à savoir et rien à préparer, il s’agit juste d’être là avec eux.